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En 1966, l'album « Léo Ferré 1916-19... » est enregistré. Une chanson s'intitule La mort, pour faire en quelque sorte un pied de nez à une autre
composition du même enregistrement, C'est la vie.
Léo vit à cette époque avec sa compagne Madeleine, dans le château de Perdrigal. Pépée est toujours vivante et plus que jamais omniprésente. Trop certainement. La compagnie animalière s'est
agrandie, d'autres petits chimpanzés ayant été receuillis par le couple : Bambino, Tata, Titine et Zaza. Les jours passent et la vie à « deux » se dirige dangereusement vers une porte, qui n'est
pas celle par laquelle entrent les artistes, mais vers la sortie d'un amour défunt. Madeleine va mal, elle se complait à vivre sa dépression dans des conversations magnétophoniques. Léo est un
poète, qui plus est l'un des plus grands de son siècle, et ce génie s'accorde mal avec une existence ordinaire. Cette atmosphère influence l'homme, qui comme tout artiste voit ses créations
empreintes des choses de la vie. Baigné dans la vie châtelaine et la mélancolie, assis contemplatif et seul sous un arbre, ou encore dans un vieux siège de 2 CV, le poète s'éxécute et livre sur
ses papiers ses vers qui plus tard seront les paroles de son succés.
Le poète souffre de sa condition et s'inquiète de la santé de Madeleine, qui défaille tant mentalement que physiquement. Ils sont certes châtelains, mais leur d'habitation n'en porte que le nom.
Le confort n'existe pas et impose à la femme des tâches ingrates au quotidien, dont Léo Ferré ne saurait s'en mêler. Le climat est rude également. Dans ce contexte, il ne faut qu'un pas pour que
Léo voit la mort et qu'il l'écrive, pour un jour la chanter.
Avec sa faux des quat'saisons
Et du crêpe dans son peignoir
Sur ses échasses de béton
Dans le faubourg du désespoir
Elle meurt sa mort la mort
Elle meurt
Léo Ferré pense dans cette chanson à une mort violente, dont le théâtre serait la route, de la « route des jours heureux » jusqu'au « végétal nourri de son détestable négoce », en passant par « le sang frais sur les cailloux ».
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