Lundi 24 mars 2008 1 24 /03 /Mars /2008 07:25

L'affice rouge est un poème écrit par Aragon en 1955, à la mémoire d'un groupe de résistants abattus par les nazis lors de la seconde guerre mondiale. Le texte, sublime hommage à la mémoire de ceux qui combattirent pour la France, devint un monument lorsque Ferré le mit en musique, et l'interpréta d'une voix vibrante. L-affiche-rouge.jpg

Ils était vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

L'affice rouge, placardée sur les murs de Paris, représentait dix visages, appartenant a un groupe de vingt et trois partisans, sur un fond rouge.

L'affiche qui semblait une tâche de sang

Les nazis voulaient démontrer aux français qu'il s'agissait là d'une bande de terroristes, étrangers de surcroît ([i]Parce qu'à prononcer vos noms sont diffiçiles[/i]), qui agissaient par le crime et ne pouvait en rien être considérés comme des libérateurs. Seulement certains ne sont pas dupes et ne se laissèrent pas compter par la propagande nazie.



Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour voir le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Les nazis « jugèrent » les vingt-trois résistants en audience publique, les 17 et 18 février 1944. Ils furent tous condamnés à mort, dont vingt-deux fusillés au Mont-Valérien, le 21 février, et le vingt-troisième décapité quelques semaines plus tard. Ce dernier soldat de l'ombre n'eut pas l'honneur d'une exécution avec ses camarades, car il s'agissait d'une femme.

La sixième strophe est sans doute la plus poignante de cet hymne au courage de la vie. Elle est  fidèle aux vers écrits par le chef de ce groupe de résistants, Manouchian, qui se sublime dans un adieu poignant.

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ce poème ne pouvait être qu'une ode servie par Monsieur Ferré, qui en tant qu'artiste est seul capable d'insufler un sentiment diffiçile chez tous ceux qui ont connu ces heures sombres de l'Histoire : le pardon, non pas pour les bourreaux, mais vis à vis d'un peuple civilisé qui a porté à sa tête, sans y prendre garde, la barbarie.

Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Par Jefka
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus